Petit-déjeuner de presse

Invité au “Petit-déjeuner de presse” de l’UJIF: M. Ouraga, président de la Cogid, déclare :”Nous ne voulons pas être subventionnés par l’Etat de Côte d’Ivoire”

 

Le « Petit-déjeuner de presse », concept initié par l’UJIF – Union des journalistes Ivoiriens de France – a connu sa première édition le samedi 19 avril dernier au Salon Grenelle de l’Hôtel Ibis Eiffel, dans le 16ème de Paris. Cette tribune libre a eu pour invité, M. Jean-Paul Ouraga, président de la Cogid – Coordination générale des Ivoiriens de la diaspora –

Ce premier rendez-vous important destiné aux médias africains et occidentaux, a accueilli, outre la présence des journalistes correspondants Ivoiriens en France, des confrères africains. Entre autres MM. Lilo Miango de la Télévision ARCHE NEWS TV / Radio REVEIL FM 105.4, également président de l’Union des journalistes congolais, et Camara Lanciné, Directeur de la publication du magazine « Le Devoir Africain » et président de l’Union internationale des journalistes africains. Cette rencontre filmée et enregistrée par l’Agence de Communication « Imam Production », a tenu toutes ses promesses. Au total, 17 confrères, toute presse confondue dont M. Tirbuce Koffi, journaliste-écrivain indépendant, sont venus écouter et échanger avec l’invité du jour. Une rencontre conviviale voulue interactive par les organisateurs. Dans son exposé liminaire, M. Jean-Paul Ouraga, a déclaré que « la Cogid a pour ambition de fédérer toute la diaspora ivoirienne à travers le monde », à l’instar de l’UFE–Union des Français de l’Etranger. L’idée a germé à la suite d’un colloque organisé à Abidjan en août 2004, qui a réuni autour de la table des représentants Ivoiriens venus de 11 pays du monde. Sur l’impulsion et l’encouragement de la DIE – Direction des Ivoiriens de l’étranger – structure du ministère ivoirien des Affaires étrangères, la Cogid a donc vu le jour. « A ce jour, sur 111 associations identifiées auprès de l’ambassade de Côte d’Ivoire en France, 63 sont favorables à l’idée de la fédération et 26 ont déjà souscrit en tant que membres » a indiqué M. Ouraga. L’idée fédératrice fait son petit bonhomme de chemin. En dehors de la France où la Cogid est plus implantée et connue des Ivoiriens, les autres pays de l’Europe où la diaspora ivoirienne est présente, sont en train de prendre le train en marche. A ce jour, huit pays de l’Euroland (…) ont déjà leurs représentants. Le continent noir n’est pas en reste. « Il y a une forte demande en Afrique Centrale – Gabon, Guinée Equatoriale – et en Afrique du Nord, notamment au Maroc où des universitaires ivoiriens souhaiteraient avoir leur section », a informé l’invité. A la demande des Ivoiriens établis sur toute la surface du globe, même dans des endroits les plus reculés, l’association est sollicitée pour implanter des bases. « La Cogid détient un fichier qui répertorie les associations par compétences structurelles ou individuelles », a précisé le président de la Cogid. La mission de la Cogid étant d’aller au-delà des regroupements établis sur la base tribale, régionale, professionnelle ou religieuse, est de disposer d’un fichier quantitatif et qualificatif fiable. « En fonction des besoins, des demandes émanant de l’Etat ou des membres, la Cogid peut par exemple proposer des Ivoiriens compétents dans des domaines spécifiques. Notre devoir est de mettre en valeur et de faire la promotion des compétences ivoiriennes de l’extérieur », a expliqué M. Ouraga. Etayant d’ailleurs son propos, l’invité de l’Ujif, a donné l’exemple d’une demande expresse satisfaite par la Cogid. L’expertise d’un ingénieur Ivoirien des ponts et chaussés avait été sollicitéé par une association en vue de la réalisation d’un tronçon routier. Toujours dans sa quête d’identification des compétences de la Diaspora ivoirienne, M. Ouraga a révélé que sa Coordination a débusqué un ingénieur Ivoirien spécialisé en aérospatial en Ukraine et un autre spécialisé dans le domaine nucléaire au Pakistan. Des valeurs inconnues des services officiels de l’Etat que la Cogid voudrait mettre à la disposition de son pays. « C’est une nécessité impérieuse pour relever tous les défis de développement en Côte d’Ivoire », a-t-il consenti.

Les interrogations qui ont fusé de la salle ont permis à l’invité d’apporter des précisions sur son intervention et de lever le lièvre sur quelques méchants quolibets. Sur la question des moyens de l’association, l’invité a dit que « la Cogid fonctionne essentiellement des cotisations de ses membres, arrêtées comme suit : 20 € à l’année pour les personnes physiques et 50 € pour les associations, membres. » Se prononçant sur une quelconque aide ou subvention de l’Etat ivoirien, M. Ouraga s’est voulu, on ne peut plus clair. « La Cogid étant une organisation à apolitique, nous voulons garder notre autonomie et notre indépendance. De ce fait, nous refusons toute subvention pécuniaire provenant de l’Etat de Côte d’Ivoire, si jamais l’on nous la proposait. La Cogid préfère s’adresser aux organismes internationaux de financement existants.» Se prononçant sur un autre volet des questions pertinentes, à savoir la représentativité de son mouvement, M. Ouraga a reconnu l’impossibilité de réaliser l’unanimité autour de son idée dans le contexte actuel. « Vous conviendrez avec moi qu’il sera impossible de réunir tous les Ivoiriens de la diaspora pour élire un président…La Cogid n’est ni un club d’amis encore moins un cabinet. Elle a été souhaitée par les Ivoiriens. Je suis moi-même le président d’une association de mon canton avant d’être élu en 2006 à la tête de la Cogid pour un mandat de 5 ans. Nous ambitionnons d’être une organisation forte et incontournable. » Pour réussir cette périlleuse mission, aux dires de l’invité, « les représentations diplomatiques de la Côte d’Ivoire sont les premiers interlocuteurs de la Cogid. Nous ne sommes qu’un relais. Cette collaboration nous a permis de savoir qu’il y a officiellement 1,5 millions d’Ivoiriens établis à l’étranger. » Quant aux moyens de communication, la Cogid dispose d’un site internet – www.cogd.net – et effectue beaucoup de déplacements d’explication et de sensibilisation à destination « des personnes ressources». L’un des grands rendez-vous attendus, est sûrement le premier Congrès de la diaspora qu’organisera la Cogid en 2009 à Grand Bassam. Rencontre qui permettra aux participants de nourrir la réflexion autour de la Diaspora ivoirienne, de faire le bilan du travail accompli et de jeter de nouvelles bases. L’objectif final étant, en amont, d’arriver à maitriser et à chiffrer le flux migratoire des Ivoiriens, de répertorier les compétences, de les aider à s’expatrier et s’intégrer dans les pays d’accueil en leur donnant les renseignements nécessaires sur les conditions de vie, les questions administratives, de protection sociale (retraite, assurances chômage, soins médicaux), la propriété immobilière (…) Et en aval, de pouvoir orienter tous ceux qui retournent au pays sur les conditions de réinsertion et les opportunités d’installation.

Koné André, (koneandreparis@yahoo.fr), correspondant permanent en France

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