Le samedi 31 janvier dernier, la principale organisation de la diaspora ivoirienne de France, la Cogid [Coordination générale des Ivoiriens de la diaspora], a organisé son premier gala annuel. Cet événement qui a tenu toutes ses promesses, a réuni les Ivoiriens et les amis de la Côte d’Ivoire autour des thèmes de la « solidarité » et des « échanges culturels.»
La Cogid peut se flatter d’avoir réussi un gros coup médiatique et gagné en crédibilité. Il y a quelques mois, beaucoup n’auraient pas misé sur le défi de ses promoteurs de réunir les Ivoiriens de France et d’ailleurs autour de thèmes fédérateurs. Surtout quand on sait que la crise actuelle que traverse la Côte d’Ivoire a eu pour conséquence de diviser plus que jamais sa diaspora. Un exploit à mettre à l’actif de son président, Jean-Paul Ouraga et son équipe dont l’abnégation et la détermination n’ont pas failli à la tâche. La première édition de son gala annuel, budgétisé à plus de 44 000 euros, a été, à n’en point douter, son premier test réussi avec brio.
La salle Seven Spirit du 13ème de Paris a drainé du beau monde au point qu’aucune réservation n’était encore possible en début de soirée. Au nombre des convives, on comptait la présence de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, le Pr Aimé Pierre Kipré, qui parrainait par ailleurs la cérémonie. Lors de son intervention, le président de la Cogid a rappelé la mission de rassemblement de son organisation et son but d’amener la diaspora ivoirienne, établie dans le monde, à s’investir davantage dans les projets de développement de son pays. Cette soirée était aussi l’occasion choisie d’inciter quelques opérateurs économiques français présents, à reprendre le chemin de la Côte d’Ivoire. Rappelons que lors des derniers événements de novembre 2004 où la violence avait atteint son paroxysme à Abidjan, plusieurs centaines d’investisseurs français avaient précipitamment quitté le pays par mesure de sécurité. Presque dans le même tempo, l’ambassadeur Pierre Kipré a invité ses compatriotes à désarmer totalement leur cœur.
« Je ne crois pas que la paix soit suffisamment dans nos cœurs » avait-il laissé entendre avant d’encourager la Cogid à poursuivre sa difficile mission de rassemblement et d’union pour la cause ivoirienne. Ce message n’était pas fortuit d’autant plus que la Côte d’Ivoire s’apprête à entrer dans une période électorale tous azimuts. Même si le calendrier de la présidentielle n’est toujours pas connu, le pays, lui, vit au rythme d’une précampagne où tous les potentiels candidats affûtent leurs armes. En attendant l’heure de vérité, le processus d’enrôlement, de désarmement, de réinsertion, de redéploiement de l’administration se poursuit tant bien que mal.
Eric ZEDJILET

